$AXTI a clôturé aujourd’hui en baisse de 17 %, avec un prix maintenu autour de 44 dollars. Le volume d’échange journalier a atteint 5,09 millions de dollars, l’intérêt ouvert 46 000 contrats, et ces deux indicateurs n’ont pas augmenté en même temps que le prix. Le taux de financement est resté exactement à zéro. L’ensemble de ces lectures ressemble davantage à une réduction ordonnée des positions qu’à une fuite désordonnée.
En mettant la baisse et le volume côte à côte, le problème apparaît clairement. Une chute de 17 % avec un volume simplement dans la norme signifie que la profondeur de liquidité n’est pas suffisante. Il est possible que les ordres limites soient peu nombreux, ou qu’après découpage de gros ordres en petites tailles, le côté acheteur ait été progressivement absorbé. L’intérêt ouvert a presque pas bougé, ce qui indique qu’aucun des deux camps n’a opéré de basculement massif de conviction ; certains ont seulement testé la baisse avec des capitaux plus modestes. Dans un contexte de taux de financement nul, le coût de portage est identique pour les positions longues et courtes, sans incitation au squeeze ; cette baisse ressemble donc davantage à un désendettement volontaire qu’à une liquidation forcée.
Si l’on découpe cela avec le cadre du « Trump trade », la contradiction tient au fait que le marché a attribué un ancien scénario aux actions américaines, tandis que $AXTI commence à intégrer par anticipation de nouveaux risques. Le consensus actuel sur les grandes classes d’actifs reste le trio « baisse des impôts + tarifs douaniers + dérégulation », et les indices actions américains ont déjà fortement progressé dans ce récit. $AXTI , en tant que contrat de réplique des actions américaines sur la BNB Chain, a vu sa prime se former à partir de cette vague macroéconomique. Mais le changement marginal est le suivant : le rapatriement des profits à l’étranger soutient les actions américaines, tandis que la hausse des coûts liés aux droits de douane érode les anticipations de bénéfices des entreprises ; la tension entre ces deux forces s’accumule. Les flux d’aujourd’hui montrent que certains ont réduit leur effet de levier avant que cette tension ne devienne pleinement visible.
En projection, trois scénarios se dessinent. Scénario haussier : le prix repasse au-dessus de 46, et l’intérêt ouvert s’élargit simultanément au-delà de 50 000 contrats ; cela signale le retour des capitaux, et l’on peut alors se repositionner prudemment à l’achat avec un stop sous le précédent creux vers 42. Scénario neutre : le taux de financement passe légèrement en territoire négatif, tandis que le prix consolide entre 43 et 45 avec des volumes en baisse ; cela signifie que les deux camps observent le marché, et ne pas entrer est le meilleur choix. Scénario d’évitement : l’intérêt ouvert tombe sous 40 000 contrats et le prix perd le seuil de 42 ; il ne faut pas spéculer sur un fond de marché, car lors des deux précédentes configurations similaires, la suite a été une dérive baissière prolongée.
Maintien du contre-consensus : le marché assimile simplement $AXTI à l’évolution des actions américaines, mais en réalité sa valorisation intègre déjà par anticipation l’incertitude liée aux tarifs douaniers. À l’avenir, si les actions américaines montent, il ne suivra pas forcément ; si les actions américaines corrigent, il baissera probablement en premier.
$KORU 24 heures de baisse (-10,8 %) : le prix a été ramené à 18,72, mais le taux de financement reste positif à 0,00023593. Les acheteurs à découvert continuent de payer pour tenir leur position, mais le prix ne leur fait aucun cadeau. Le taux positif, combiné à la baisse des prix, fait fonctionner ce schéma sur deux tableaux : certains continuent de poursuivre, d’autres ont déjà commencé à quitter la position.
Cette séquence doit être décortiquée sous l’angle des politiques publiques. Le mappage sous-jacent de $KORU correspond à des actifs boursiers américains, et le facteur de tarification central à l’heure actuelle aux États-Unis, c’est la trajectoire des droits de douane et les anticipations budgétaires. La boîte à outils tarifaire de Trump ne montre aucun signe de fermeture. Le signal libéré la semaine dernière était globalement plutôt “hawkish”, et le marché a dû réajuster ses probabilités concernant les tensions commerciales. La transmission n’est pas complexe : anticipation de politique plus restrictive qui s’intensifie → aversion au risque qui se contracte → pression sur les actions américaines → $KORU , ce type de sous-jacent réagit en premier, et là où la liquidité est meilleure, on réduit d’abord les positions.
Mais ce qui mérite vraiment l’attention, c’est que les acheteurs (longs) ne sont pas encore sortis. Open Interest à 4,4 millions de dollars : sur un actif de niveau “monnaie secondaire”, ce n’est pas faible. Le taux de financement positif signifie que les capitaux qui font des positions longues continuent d’alimenter les vendeurs à découvert : ce n’est pas une liquidation panique en masse, c’est plutôt comme si quelqu’un bloquait et soutenait, pariant sur un tournant marginal de la politique. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, côté politique, rien n’indique un revirement.
Le “Trump trade” repose sur une tarification parallèle : hausse des impôts et baisse des impôts. Les hausses de droits de douane compriment la circulation des capitaux mondiaux ; les baisses de taxes soutiennent les marges et profits côté entreprises. Pour l’instant, le marché price surtout la hausse des droits ; l’effet positif des baisses de taxes n’est pas encore retombé. Donc les longs misent en avance.
Le plus grand risque de ce schéma ne se situe pas dans la direction, mais dans le calendrier. Taux de financement positif + repli des prix : le scénario le plus redouté, c’est que les longs finissent par s’exclure eux-mêmes de la partie. Si le taux est tiré passivement à la hausse, combiné à une nouvelle dérive baissière, le coût des positions des longs va rapidement grignoter les marges, déclenchant une cascade de liquidations. Le fait que l’OI ne s’effondre pas indique que l’effet de levier n’a pas encore été entièrement désactivé : cela veut aussi dire que le carburant pour un “cassage” potentiel est toujours là.
Mon avis : il y a une opportunité ici, mais ce n’est pas l’opportunité des longs. C’est une opportunité de “squeeze” vers le bas. Tant que les vendeurs à découvert continuent d’accumuler, le taux de financement positif ne pourra pas rester durable bien longtemps : la partie qui tient le trade devra d’abord desserrer la prise.